Vers un monde sans prison


La prison n'est pas la voie incontournable menant à la nécessaire sécurité des citoyens.
L'enfermement carcéral est une réponse inadaptée à la délinquance.
La prison est trop souvent une «peine perdue» et non une «peine réparatrice».

Le Mouvement Le Cri interpelle l'opinion et les pouvoirs publics sur :
- les réalités carcérales,
- les alternatives à l'enfermement,
- le sens de la peine,
pour que la personne condamnée
redevienne demain un homme, une femme,
libre et responsable.


Une analyse
Le Cri est persuadé que la prison est aujourd'hui une réponse inadaptée à la délinquance car elle est :
- nocive : désocialisation, déresponsabilisation, rupture des liens familiaux;
- destructrice : humiliations, violences transformant le détenu en «victime», ce qui lui fait perdre le «sens de sa peine»;
- inefficace : voir les taux de récidive... et pas vraiment réparatrice pour la victime;
- illusoire, quant à la sécurité des citoyens.
Les prisons sont surpeuplées et les constructions actuelles n'y changent rien : la loi sur les peines-plancher, l'abandon des grâces présidentielles et le climat «tout répressif» ne font que remplir les prisons. Cette surpopulation est source de tensions, de violences et de promiscuité favorisant la récidive (environ 59%).
L'incarcération de personnes présentant des troubles psychiques n'est pas une réponse adaptée : elle ne fait qu'accroître leur pathologie et parfois leur dangerosité.
Le Cri déplore la création d'établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) et la diminution des moyens de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Est-ce en prison qu'un jeune peut se construire et apprendre la vie?
La prison provoque de gros dégâts dans les familles qui se sentent stigmatisées et sont précarisées.

Des propositions
Développer la prévention par des moyens accrus pour assurer la sécurité (au bout du compte, elle est moins coûteuse pour la société que l'incarcération...)
- Limiter la détention préventive qui doit être l'exception (comme au Royaume-Uni). La prison ne doit être que «le dernier recours» et seulement pour quelques centaines d'individus dangereux.
- Recourir davantage aux peines alternatives, avec un suivi, comme le contrôle judiciaire et le travail d'intérêt général (TIG) contribuant à la socialisation de la personne condamnée et parfois à une réparation du préjudice causé à la victime.
- Recourir plus souvent aux aménagements de peine : semi-liberté, placement extérieur, placement sous surveillance électronique (PSE), libération conditionnelle (chiffres en baisse), sursis avec mise à l'épreuve... Ces mesures atténuent la désocialisation et diminuent les risques de récidive.
- Se donner les moyens de mieux préparer la sortie, en proposant des soins ou un accompagnement adapté en vue d'une meilleure réinsertion. Tout cela nécessite d'augmenter les effectifs du personnel socio-éducatif (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation);  un agent pour 80 détenus en 2006 pour 84 en 2009 alors que le champ de leur mission s'est accru.. 
- Donner du sens à la sanction pénale en créant les conditions pour que, au-delà du jugement, la victime et le délinquant puissent se reconstruire. La mise en oeuvre des règles pénitentiaires européennes devraient permettre de progresser dans ce sens.

Des actions
Le Cri agit pour informer l'opinion publique et interpeller les Pouvoirs publics sur les problème de la prison, de la justice.
- Le Cri organise en partenariat des colloques, forums sur la prison et participe aux «Journées nationales prison», à la Campagne «Trop, c'est trop»...
- Des militants du Cri interviennent auprès de personnes détenues (visites, courrier, radios locales...) et participent à l'accueil et au soutien des familles.

Statistiques (administration pénitentiaire) au 1er  juin 2012
Au 1er Mars 2017, en France, 80.553 personnes étaient écrouées, dont 69.430  incarcérées , ce qui représente à nouveau une augmentation du nombre de détenus (+2,7 %) depuis un an. Le nombre de places opérationnelles est de 58.664, 10.176 détenus sont en surnombre , et 1.822 dormaient sur un matelas ( au 1/03/17) ...Et pourtant, le nombre de condamnés placés sous surveillance électronique a aussi augmenté :    10.520 au 1/03/17 . Le nombre de mineurs détenus (797) s'est accru à nouveau.