Pour un monde sans exclusion


«Depuis sa création en 1969, Le Cri, Mouvement laïc et citoyen, agit pour ‘crier’ avec les personnes qui veulent faire reconnaître leurs droits et leur dignité. C’est pourquoi Le Cri n’est pas un sigle, mais le nom du verbe crier. Le Cri estime que la pauvreté, la précarité, le chômage et les multiples formes de souffrance et d’exclusion qui en découlent ne sont pas des fatalités. Le Cri affirme que ces atteintes à la dignité humaine sont en contradiction flagrante avec les termes de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (préambule § 1 et 5 et art. 1, 4 et 5) et les Conventions qui s’y rattachent.» (Préambule de la charte du Mouvement Le Cri)

Le Cri est un Mouvement national agréé Mouvement d’éducation populaire. Créé à Dijon, il est représenté en France dans une dizaine de départements et édite un magazine trimestriel, Cri-Informations.

Le Cri lutte contre l’exclusion, avec deux axes prioritaires d’intervention : la prison et la prostitution. Mais depuis sa création, la société a évolué. Dans l’esprit de ses fondateurs, il réagit aussi aujourd’hui contre les injustices et les atteintes à la dignité que sont : la maltraitance, la toxicomanie, la pédophilie, l'inceste, la rétention ou l’expulsion des sans-papiers... formes actuelles et médiatisées de violence et d’enfermement.

Le Cri agit sur les causes :
- en partenariat avec d’autres Mouvements et Associations à buts similaires ou très proches. Son but est de lutter pour la disparition du système prostitutionnel et du système carcéral;
- par l’information et la sensibilisation de l’opinion publique;
- par l’interpellation des pouvoirs publics.


PHILOSOPHIE DU MOUVEMENT 
ET SENS DE LA DEMARCHE

Dessin de Müss
La délinquance, la violence, la pratique prostitutionnelle et leurs développements sont ancrés dans l’exploitation de l’homme par l’homme et dans des rapports de domination. Des conditions défavorables de vie, de logement, d’éducation, de vie affective et sexuelle... aggravent ces risques.

De ce point de vue, la lutte contre la prostitution s’inscrit dans le cadre global des actions menées pour le respect de la dignité humaine et contre les exclusions.

La lutte contre les mécanismes et les conditions objectives de production de ce risque se fonde sur l’idéal d’une transformation sociale, par le passage d’une culture de profit à une civilisation de promotion, d’épanouissement et d’accomplissement de l’être humain, tant sur le plan individuel que collectif.

La sexualité humaine est une des capacités de chacun à inscrire ce qu’il a de singulier dans l’espace collectif. Elle est au coeur de ce qui signe notre humanité. Les enfermements sexistes, vulgaires et pornographiques la réduisent trop souvent à ses seules fonctions biologique et génitale.

L’édification d’une civilisation de l’"Humain" est basée sur le développement harmonieux des multiples potentialités des individus : intelligence créative, capacité à communiquer et à tisser des relations inter-personnelles et affectives dans le cadre du respect fondamental de la dignité de l’autre.

Les progrès réalisés et les avancées importantes acquises au fil de l’histoire de l’humanité démontrent et alimentent le réalisme de notre démarche.

Pensées et avancées abolitionnistes

Photo Jacques Rey
L’abolitionnisme est défini par les dictionnaires comme une doctrine tendant à l’abolition, c’est-à-dire l’abrogation ou la suppression, d’une loi ou d’un usage.
Le Cri s’oppose à ce qui met à mal les droits humains. Il lutte pour l’amélioration des conditions de vie des personnes victimes d’exclusion. Il agit pour la prévention des violences qui sont source de délinquance et d’oppressions. Le Cri travaille aussi à la modification ou, à terme, à la disparition de certaines coutumes, d'états de faits, législations et à l'évolution des institutions. Il réfléchit et agit, en priorité, sur le phénomène prostitutionnel et sur le système judiciaire et carcéral.

I - Abolitionnisme du système prostitutionnel
Ainsi, voulant un monde libéré de l’exploitation sexuelle, immense source de souffrance, Le Cri lutte pour l'application de la législation «abolitionniste» du système prostitutionnel.
En effet, dans le monde, ce système relève de différents modèles de lois : prohibitionniste, réglementariste, abolitionniste ou néo-abolitionniste.
La législation française est abolitionniste, selon l’Ordonnance du 25 novembre 1960 relative à la lutte contre le proxénétisme, appliquant la Convention du 2 décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui (ONU, Droits de l’Homme), avec la création de SPRS, Services de prévention et de réadaptation sociale.
Par ces lois, la prostitution en France n’est pas interdite, seulement son organisation :
- les personnes prostituées ne devraient pas être poursuivies mais considérées comme des victimes légales, protégées et réinsérées; ce qui est peu appliqué!
- les réseaux de proxénétisme subissent des atteintes ponctuelles;
- on ne parle pas du client.
Par la loi pour la Sécurité intérieure de mars 2003 (art.18 et 50), le racolage passif des personnes prostituées est passible de poursuites ainsi que le racolage actif de la personne prostituée et du client. En pratique, il n’y a pas de poursuite des clients. Mais, par la pénalisation des personnes prostituées, ces lois contredisent la législation abolitionniste antérieure, toujours en vigueur!


II - Par rapport au système judiciaire et carcéral
Le Cri pense qu’une société doit préférer un système humain de justice et de sanctions pénales. Il s’élève contre la politique du «tout carcéral» et l’incarcération des mineurs dans des EPM, établissements pénitentiaires pour mineurs.
Le système pénitentiaire est donc un axe des préoccupations du Mouvement. Le Cri a constaté que la prison n’est pas une sanction dissuasive. Il préconise le recours aux sanctions alternatives à la privation de liberté.
Dans cette attente, il lutte pour le respect de la dignité et des droits des personnes détenues alors que le nombre des incarcérations et la nature des prisons s’aggravent, et que de nouvelles prisons se construisent.
Le fonctionnement de la justice présente des carences dues par exemple à un manque de moyens. Ces manquements allongent la détention préventive, aggravent les conditions de vie des personnes détenues et contribuent à détruire des personnes.
 
Autres législations du système prostitutionnel
Législation prohibitionniste. Exemple : les Etats-Unis d’Amérique. La loi interdit la prostitution. Sont pénalisables : les personnes prostituées, les proxénètes et les clients. Son application n’est pas probante.
Législation réglementariste. Exemple : Pays-Bas, Allemagne, des provinces espagnoles. La loi organise le système prostitutionnel. Les proxénètes sont des entrepreneurs, les personnes prostituées sont théoriquement des personnes comme les autres bénéficiant de droits sociaux. La réalité nous paraît autre : ce système favorise la prospérité des proxénètes, le développement de leur pouvoir et la bonne conscience des clients. Les personnes prostituées demeurent discriminées, notamment les nombreuses étrangères.
Législation néo-abolitionniste. Exemple : la Suède qui pénalise le client. L’effet semble être le recul du système prostitutionnel dans ce pays.
 
Réalisme et utopie
Certains pensent parfois que l’abolition du système prostitutionnel -institution mafieuse ou officialisée par le réglementarisme- n’est pas une idée réaliste. Pourtant d’autres utopies se sont imposées dans l’Histoire : l’esclavage a été aboli, même s’il persiste dans certaines régions du monde.
La peine de mort a été abolie dans bien des pays et en France, en 1981.
Dans les prisons, les QHS, quartiers de haute sécurité, ont disparu.
Il est permis d’espérer et d’écrire que «l’abolition du système prostitutionnel est possible».

Un monde sans prostitution est possible



La prostitution comporte trois acteurs :
- la personne prostituée,
- le proxénète, les réseaux,
- le client-prostitueur

Ne dites pas : «Tant qu'il y aura des prostituées»,
mais : «Tant qu'il y aura des clients-prostitueurs».

De plus en plus de personnes, piégées par le système prostitutionnel, deviennent sources de profits énormes pour les proxénètes et les trafiquants, avec l'implication des clients-prostitueurs et la complicité de la société : les pouvoirs publics, certains médias et l'opinion publique.
Des enfants, des adolescents sont abîmés par la pornographie et maltraités par l'inceste, les abus sexuels, la pédophilie... ce qui en fait des proies faciles pour le tourisme sexuel et autres réseaux prostitutionnels.

Rester passif, c'est admettre l'inacceptable.

Le Mouvement Le Cri résiste et agit : 
 - il affirme que la prostitution ne peut être un métier, s'oppose à sa réglementation et travaille à l'abolition du système prostitutionnel;
- il agit pour la prévention du risque prostitutionnel et contre toutes les formes de violence, en y associant des victimes;
- il exige des pouvoirs publics la mise en place, aux plans national et international, des moyens efficaces de lutte contre les circuits mafieux, le secret bancaire et les paradis fiscaux.

Le Cri affirme le caractère inaliénable du corps humain.
«(...) la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d'asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle.»
(Conseil constitutionnel - décision n° 94-344 du 27 juillet 1994)


Une analyse

L'exploitation sexuelle souligne des rapports de domination : homme-femme, adulte-enfant, fort-faible, etc... Il n'y aura pas d'égalité entre homme et femme ni d'équité entre pays riches et pays pauvres tant que l'industrie du sexe existera.

Le Cri dénonce les trafics et l'industrie du sexe qui peut faire de chacun de nous :
- un-e prostitué-e, un-e prostituable ou un-e prostituant-e;
- un-e client-e de la pornographie;
- un-e pédocriminel-le;

Le Cri affirme que la prostitution est une violence et non un choix délibéré. La légalisation de la prostitution valide une atteinte à la dignité humaine, est une hypocrisie et dispense de s'interroger sur les causes du système prostitutionnel.

Le Cri affirme que la pornographie est porteuse de violence et anti-éducative. Elle focalise sur des parties du corps, sans prendre en compte la totalité de la personne.

Le Cri refuse un système économique qui vend le corps humain et n'hésite pas à exploiter la misère des personnes et des peuples.

Le Cri veut une alternative au système libéral mondialisé, qui broie les êtres humains pour des profits croissants.

Le Cri veut concourir à bâtir une société où l'être humain sera premier, en améliorant la qualité des relations entre personnes, ethnies et peuples, dans un environnement sain.


Des propositions

Le Cri lance un appel :
- aux hommes clients-prostitueurs pour «qu'ils n'aillent plus jouir dans le ventre des esclaves», selon l'expression d'un conseiller municipal de Nantes.
- à tous ceux qui sont tentés par l'utilisation de jeunes, d'enfants ou de bébés pour leur plaisir sexuel, le passage à l'acte constituerait un fait de pédocriminalité.
- aux citoyen-nes pour qu'ils boycottent l'industrie de la pornographie qui avilit.
- à ceux et celles qui ont un rôle d'éducation et à tous les citoyens pour qu'enfants et jeunes apprennent à mieux se connaître, à se respecter, à s'enrichir des différences de l'autre et des autres pour vivre aujourd'hui et demain libres et égaux.
- aux femmes et hommes politiques ou en responsabilité pour, d'une part, qu'ils soient attentifs aux personnes les plus vulnérables et tiennent compte de leurs paroles et pour, d'autre part, qu'ils développent une vraie solidarité entre Etats, afin que chaque être humain puisse vivre décemment dans son pays.


Le Cri demande le respect des Conventions, ce qui implique :
- la modification de l'article 50 de la Loi pour la Sécurité intérieure du 18 mars 2003 par l'abrogation de l'article 225 10-1 du Code pénal au double motif que ce dernier, d'une part, incrimine à nouveau "le racolage passif" et, d'autre part, sanctionne tout racolage actif et passif en tant que "délit", à savoir par "deux mois de prison et 3 750 euros d'amende". Quant aux personnes étrangères, déplacées en vue de la prostitution, la législation française relative à la lutte contre l'immigration ne leur permet pas de bénéficier des dispositions de protection prévues, pour elles, par la Convention de l'ONU (art. 18 et 19);
- un plan d'urgence pour les personnes voulant se libérer du système prostitutionnel, avec l'application effective de l'Ordonnance n° 60-1246 du 25.11.1960, afin de leur assurer une alternative fiable et l'accès effectif à tous les droits universels;
- l'application de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la Traite des êtres humains, STCE, série des traités du Conseil de l'Europe, n° 197;
- la mise en oeuvre au plan national d'une véritable politique de formation et d'éducation à la santé, à la sexualité, à l'égalité hommes/femmes en direction des jeunes et des adultes, nécessitant notamment des campagnes de sensibilisation de l'opinion publique;
- une incrimination du client-prostitueur non privative de liberté, assortie de mesures de conscientisation et de responsabilisation.

Des actions

Le Cri informe l'opinion publique et interpelle les Pouvoirs publics sur le phénomène prostitutionnel. Pour cela, des militants organisent des réunions d'information, des Campagnes de prévention contre les violences et les abus sexuels, comme par exemple : «Un enfant n'est jamais un partenaire sexuel».

Le Cri propose des outils de travail : son magazine trimestriel Cri-informations, des expositions, les actes d'Universités tels que : «Au marché du sexe, client qui es-tu?», les actes des différents colloques organisés par le CPL, Comité Permanent de Liaison des associations abolitionnistes, en 2003, 2006 et 2008.

Le Cri est partenaire de différentes Associations. Il participe aux Journées :
. pour les Droits des Femmes, le 8 mars;
. contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre;
. contre la pauvreté, le 17 octobre;
. pour les Droits des Enfants,
ainsi qu'à différents colloques et forums.
Il se mobilise avec la Marche mondiale des Femmes.

Le Cri est membre fondateur et la cheville ouvrière du CPL, qui coordonne les actions d'Associations abolitionnistes françaises.

Le Cri est membre de la Fédération abolitionniste internationale (IAF en anglais) qui oeuvre pour un monde libéré de toutes formes d'exploitation sexuelle. Cette ONGI, organisation non gouvernementale internationale, est représentée au Conseil de l'Europe avec un statut participatif.

Cf. bibliographie

Voir Actualités

Vers un monde sans prison


La prison n'est pas la voie incontournable menant à la nécessaire sécurité des citoyens.
L'enfermement carcéral est une réponse inadaptée à la délinquance.
La prison est trop souvent une «peine perdue» et non une «peine réparatrice».

Le Mouvement Le Cri interpelle l'opinion et les pouvoirs publics sur :
- les réalités carcérales,
- les alternatives à l'enfermement,
- le sens de la peine,
pour que la personne condamnée
redevienne demain un homme, une femme,
libre et responsable.


Une analyse
Le Cri est persuadé que la prison est aujourd'hui une réponse inadaptée à la délinquance car elle est :
- nocive : désocialisation, déresponsabilisation, rupture des liens familiaux;
- destructrice : humiliations, violences transformant le détenu en «victime», ce qui lui fait perdre le «sens de sa peine»;
- inefficace : voir les taux de récidive... et pas vraiment réparatrice pour la victime;
- illusoire, quant à la sécurité des citoyens.
Les prisons sont surpeuplées et les constructions actuelles n'y changent rien : la loi sur les peines-plancher, l'abandon des grâces présidentielles et le climat «tout répressif» ne font que remplir les prisons. Cette surpopulation est source de tensions, de violences et de promiscuité favorisant la récidive (environ 59%).
L'incarcération de personnes présentant des troubles psychiques n'est pas une réponse adaptée : elle ne fait qu'accroître leur pathologie et parfois leur dangerosité.
Le Cri déplore la création d'établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) et la diminution des moyens de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Est-ce en prison qu'un jeune peut se construire et apprendre la vie?
La prison provoque de gros dégâts dans les familles qui se sentent stigmatisées et sont précarisées.

Des propositions
Développer la prévention par des moyens accrus pour assurer la sécurité (au bout du compte, elle est moins coûteuse pour la société que l'incarcération...)
- Limiter la détention préventive qui doit être l'exception (comme au Royaume-Uni). La prison ne doit être que «le dernier recours» et seulement pour quelques centaines d'individus dangereux.
- Recourir davantage aux peines alternatives, avec un suivi, comme le contrôle judiciaire et le travail d'intérêt général (TIG) contribuant à la socialisation de la personne condamnée et parfois à une réparation du préjudice causé à la victime.
- Recourir plus souvent aux aménagements de peine : semi-liberté, placement extérieur, placement sous surveillance électronique (PSE), libération conditionnelle (chiffres en baisse), sursis avec mise à l'épreuve... Ces mesures atténuent la désocialisation et diminuent les risques de récidive.
- Se donner les moyens de mieux préparer la sortie, en proposant des soins ou un accompagnement adapté en vue d'une meilleure réinsertion. Tout cela nécessite d'augmenter les effectifs du personnel socio-éducatif (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation);  un agent pour 80 détenus en 2006 pour 84 en 2009 alors que le champ de leur mission s'est accru.. 
- Donner du sens à la sanction pénale en créant les conditions pour que, au-delà du jugement, la victime et le délinquant puissent se reconstruire. La mise en oeuvre des règles pénitentiaires européennes devraient permettre de progresser dans ce sens.

Des actions
Le Cri agit pour informer l'opinion publique et interpeller les Pouvoirs publics sur les problème de la prison, de la justice.
- Le Cri organise en partenariat des colloques, forums sur la prison et participe aux «Journées nationales prison», à la Campagne «Trop, c'est trop»...
- Des militants du Cri interviennent auprès de personnes détenues (visites, courrier, radios locales...) et participent à l'accueil et au soutien des familles.

Statistiques (administration pénitentiaire) au 1er  Mars 2019
Au 1er Mars 2019, en France, 82.854 personnes étaient écrouées, dont 71.037  incarcérées , ce qui représente à nouveau une augmentation du nombre de détenus (+1,8 %) depuis un an. Le nombre de places opérationnelles est de 60.867, 10.170détenus sont en surnombre , et 1.570 dormaient sur un matelas ( au 1/03/19) ...Et pourtant, le nombre de condamnés placés sous surveillance électronique a aussi augmenté :    10.935 au 1/03/19 . Le nombre de mineurs détenus (817) s'est accru à nouveau.

Magazine : CRI informations



Le Cri se définit avant tout comme un mouvement d'information et de prévention. Il veut :
- intéresser l'opinion et les organisations aux problèmes des personnes mises en marge;
- informer et agir sur les causes qui engendrent les marginalités;
- inciter à rechercher les moyens de prévention et de promotion collective; 
- interpeller les pouvoirs publics.


CRI informations est son magazine trimestriel d'information. Il s'adresse en priorité : aux militants du Mouvement, aux responsables politiques des départements (députés, sénateurs et maires), aux journalistes qui sensibilisent l'opinion publique et aux sympathisants des causes défendues.

Directeur de la publication : José Dillenseger. Rédacteur-en-chef : Bernard Clerc.

Dossier du n° 140, octobre-novembre-décembre 2010 : PRISON : La dernière grande muette ?


Sommaire du n°140 :
Ils ont dit... "Non à l'école-prison"... Les malades mentaux en prison... Retraite des personnes détenues... La prison et après?... A quoi sert la prison? Quel est le sens de la peine?...
Editorial : La prison, pour quoi? par Hélène Dupont
La balade du clandestin par Béatrix du Cercle du Silence 77
Je résiste, j'existe par Ziad Médoukh
Brèves envoyées par Le Cri 24 et Le Cri 86
Pour terminer l'année par Hélène Dupont
Dossier sur les Journées nationales prison : argumentaire du GNCP, Journées régionales à : Bayonne, Dijon, Périgueux, Poitiers et Toulouse.
Pour une France Arc-en-ciel par José Dillenseger
Sexualité : épanouie, débridée, marchandisée? par Arlette Recoquillon
Après la 3ème Marche mondiale des Femmes par Lilie Beaufils
A voir : Illégal et Gaza strophe - Palestine; A lire : le n° 135 de la revue Pouvoirs et L'autorité redécouverte
En couverture dos : poème ci-après Belleyme

BELLEYME *

En prenant le chemin de mes vies intérieures
L'au-dehors n'étant plus qu'une affaire à problèmes
Je me suis arrêté de vivre de mes peurs
En écrouant ma voix n'ayant pas su dire "je t'aime"
En entrant à Belleyme.

Furent dès lors ouvertes ainsi qu'un coffre-fort
Les portes sur un monde où je devais moi-même
Traduire chaque son de sa langue sonore
Son alphabet de clefs devenant théorème
Lorsqu'on apprend Belleyme.

Les serrures remplacent l'horaire des pendules
Déverrouillant les rêves, roulotte des bohèmes,
Attelés au cheval de l'esprit, cette mule,
S'emballant pour le peu que son cocher soit blême
Cauchemardant Belleyme.

Ayant mis des oeillères afin d'y voir devant
Protégé des mauvais "à côté" que vent sème
J'envisage un après ayant râté l'avant
Et si ma renaissance a droit à un baptême
Elle viendra de Belleyme.

Eric B. 28 avril 2010 - 15 heures

* Belleyme est le nom de la Maison d'Arrêt de Périgueux. L'auteur vit actuellement dans les bois... non loin de cette ville...

Pour recevoir un spécimen gratuit, écrire à Bernadette Caïs, 47200 - Mauvezin.

Possibilités d'abonnement, s'adresser à Bernadette Jacob, 23 rue Pierre Curie, 21300 - Chenôve.

Actualités



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PRISONS :          LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

 

Mouvement National Le CRI.

Monsieur Le Président de la République Française,

Le Mouvement National Le CRI, réuni en Conseil National les 9 et 10 Avril 2022, vous interpelle sur la situation de l’enfermement et de la prison en priorité.

Notre Mouvement est abolitionniste de la prison depuis 1986. Cette posture a été pour nous le fruit d’un long cheminement avec une profonde réflexion et de nombreux débats.

En 2000 deux rapports de députés et sénateurs dénonçaient déjà que la prison était « La honte de la République ».

C’est pire aujourd’hui.

Enfermer des êtres humains à 2 ou 3 dans une cellule de 9 à 10 m2, mobilier, WC et lavabo déduits, il reste 4m2 d’espace vital, à peine plus d’1 m2 par personne.

Mme Dominique Simonnot Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté dénonce à son tour ce qui se passe entre autres à la Maison d’Arrêt de Seysses (près de Toulouse). A sa création, un surveillant était chargé de s’occuper de 53 détenus (ce qui est déjà beaucoup). Aujourd’hui il a sous sa responsabilité 150 détenus.

Dans d’autres établissements Mme Simonnot déplore des conditions d’hygiène indécentes.

Les Droits de L’Homme en prison c’est l’affaire de tous.

Dans de telles situations quel sens peut-on encore donner à la peine ?

La prison peut-elle encore remplir sa mission de réinsertion ?

Dans ce cas à quoi sert-elle ?

Il est urgent de repenser la prison avec celles et ceux qui, au quotidien, sont concernés : détenus, familles, victimes, avocats, magistrats, surveillants, autres intervenants pénitentiaires, le corps médical, les écrivains qui ont écrit sur la prison, les philosophes qui ont travaillé sur ce sujet… et nous aussi vous alertons sur cette abomination qu’est la prison.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre respectueuse considération.

 

 Le Conseil National du CRI réuni le 10 Avril 2022.

 

 

Dernières productions du Cri Dijon pour la campagne de prévention des violences sexuelles